Une très belle soutenance de thèse de notre étudiant au doctorat, Malachie Azémar
- Chaire UNESCO en démocratie, citoyenneté mondiale et éducation transformatoire
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Cela me fait grand plaisir de féliciter Malachie Azémar pour la très belle soutenance de thèse de doctorat aujourd'hui. Le thème est excessivement pertinent, de s'interroger sur le racisme en éducation à partir des expériences des enseignants de race noire issus de l'immigration dans le contexte franco-ontarien. Malachie est un homme humble, engagé, brilliant et maintenant DR. C'était non seulement une joie immense pour moi d'accompagner Malachie, avec notre collègue Judith Émery-Bruneau, mais surtout un privilège. Espérons que ce travail saura se trouver dans nos écoles ainsi que dans la société. Mèsi ankò, chè Malachie, pou tout konesans ou pataje avèk nou, e mwen swete ou tout siksè pandan w ap kontinye travay sa a ki magnifik.
EXPÉRIENCES D’ENSEIGNANTS NOIRS ISSUS DE L’IMMIGRATION EN LIEN AVEC LA BLANCHITUDE EN CONTEXTE SCOLAIRE FRANCO-ONTARIEN
Malachie Azémar
Directeur : Paul R. Carr
Codirectrice : Judith Emery-Bruneau
RÉSUMÉ
Dans un contexte de pénurie d'enseignants, cette thèse examine les expériences vécus par les enseignants noirs issus de l’immigration (ENII) dans des écoles de langue française de l'Ontario. Ceux-ci sont souvent confinés à des postes de suppléants ou à des contrats précaires malgré leurs qualifications. S'appuyant sur une approche qualitative fondée sur des récits de vie et s'inspirant de la théorie critique de la race, du concept de blanchitude et de l'intersectionnalité, l'étude repose sur des entretiens semi-structurés avec 12 ENII employés dans des écoles de langue française de la région de la capitale du pays.
Les résultats mettent en évidence des obstacles persistants et structurels : stagnation professionnelle, invisibilité des contributions, procédures d'embauche asymétriques, favoritisme et népotisme, ainsi que des microagressions récurrentes dans les interactions avec les collègues, les élèves, les parents et les administrateurs. L'analyse montre que la blanchitude fonctionne comme une norme implicite qui affecte les pratiques et les critères de légitimité, conférant des privilèges invisibles au personnel blanc et marginalisant les ENII. L'intersection des identités (noir, immigrant, parfois âge et genre) exacerbe le racisme anti-Noir dont ils sont l'objet. Face à ces réalités, les réponses des ENII varient, allant de la distanciation au choix de confronter ces mécanismes, certains d'entre eux rejoignant des associations professionnelles et syndicales, exprimant ainsi une volonté d'agir pour transformer les pratiques institutionnelles.
La thèse reconnaît les limites inhérentes à l'approche narrative, mais celles-ci ont été considérablement atténuées grâce à un processus de validation rigoureux auprès des participants et à une approche réflexive constante qui a guidé l'ensemble de l'analyse. En termes d'impact, cette recherche s'inscrit pleinement dans les débats contemporains sur le racisme systémique dans l'éducation franco-ontarienne et y apporte une contribution significative. Elle formule également des recommandations basées sur une approche écosystémique, destinée à encourager l'émergence de milieux véritablement inclusifs où les enseignants concernés peuvent exercer leur profession dans des conditions réellement équitables.
Mots clés : agentivité, blanchitude, enseignants noirs, franco-ontarien, immigration, intersectionnalité, racisme anti-Noir, racisme systémique, théorie critique de la race.
ABSTRACT
Against the backdrop of a province‑wide shortage of teachers, this thesis examines the professional experiences of Black immigrant teachers (ENII) working in French‑language schools in Ontario. Despite holding the required qualifications, many continue to face precarious employment conditions, often limited to supply teaching or short‑term contracts. Using a qualitative life‑history approach informed by Critical Race Theory, the concept of whiteness, and intersectionality, the study draws on semi‑structured interviews with twelve ENII employed in French‑language schools in the nation’s capital region.
The findings reveal persistent structural barriers, including professional stagnation, the invisibility of contributions, asymmetrical hiring practices, favoritism and nepotism, and recurrent microaggressions in everyday professional interactions. The analysis demonstrates that whiteness operates as an implicit normative framework that shapes institutional practices and confers invisible privileges upon white staff, thereby marginalizing ENII. Intersectional identity factors—such as race, immigrant status, age, and gender, further intensify experiences of anti‑Black racism. Participants responded to these dynamics in varied ways, ranging from distancing to active resistance, with several engaging in professional or union organizations to advocate for institutional change.
While acknowledging the methodological limitations inherent to narrative inquiry, the study mitigated these through participant validation and sustained reflexivity. Overall, this research contributes to ongoing scholarly debates on systemic racism in Franco‑Ontarian education and offers ecosystemic recommendations aimed at fostering genuinely inclusive environments in which ENII can exercise their profession under substantively equitable conditions.
Keywords: agency, anti-Black racism, Black teachers, critical race theory, Franco-Ontarian, immigration, intersectionality, systemic racism, whiteness.




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